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La DGFiP migre vers Linux et le 100% libre pour sa souveraineté numérique

Human Coders News4 min de lecture(785 mots)0 vues
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La DGFiP migre vers Linux et le 100% libre pour sa souveraineté numérique

La Direction Générale des Finances Publiques déploie Nubo, son cloud interne basé sur Linux, PostgreSQL et Tomcat. 22% des 800 applications ont migré vers cette infrastructure 100% logiciel libre. L’administration développe aussi ses propres outils d’IA comme LLaMandement, basé sur Llama 2, pour...

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La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) accélère sa rupture avec l'écosystème Microsoft. Loin d'être un simple effet d'annonce, l'administration fiscale envisage très sérieusement une migration de ses postes de travail de Windows vers Linux. Une décision radicale pilotée par son DSI Tomasz Blanc, qui vise à renforcer sa souveraineté, prolonger la vie de son matériel et parachever une stratégie open-source initiée il y a vingt ans.

DGFIP

Pendant que de larges pans de l'administration française, comme l'Éducation nationale, reconduisent à grands frais leurs contrats avec les géants américains, un bastion résiste. Et pas n'importe lequel. La DGFiP, qui gère les données les plus sensibles des contribuables français, de l'impôt sur le revenu au cadastre en passant par la TVA, a fait de son indépendance technologique une pierre angulaire de sa mission.

Un choix assumé, détaillé par Tomasz Blanc, son Directeur des Systèmes d'Information (DSI), qui tranche brutalement avec la passivité ambiante.

Pourquoi cette défiance envers les géants américains est-elle si stratégique ?

C'est avant tout une question de survie et de confiance. Pour la DGFiP, il est tout simplement "inimaginable" de confier le secret fiscal à des acteurs soumis au Cloud Act américain, une loi qui permet aux autorités de Washington de réclamer des données hébergées par leurs entreprises, où qu'elles soient dans le monde. Cette culture de la protection, façonnée au fil des décennies, est devenue une véritable doctrine technologique, bien loin des discours de façade.

Linux 7.0

Cette vision est au cœur même de leur mission, qualifiée d'administration "régalienne". C'est cette conviction profonde qui a justifié une stratégie de souveraineté numérique, construite brique par brique, à l'abri des regards et des influences extérieures. Une approche qui démontre qu'une alternative est non seulement possible, mais surtout souhaitable pour les systèmes les plus critiques de l'État.

Concrètement, comment le fisc a-t-il bâti son alternative ?

La réponse a un nom : Nubo. Il s'agit d'un cloud interne, opéré par la DGFiP elle-même depuis ses propres data centers en France. Déjà 22 % des quelques 800 applications maison y ont migré, et tout nouveau projet y est déployé par défaut. Pas de dépendance, pas de licence exorbitante. La pile technique est un manifeste à elle seule : Linux, PostgreSQL, Tomcat. Du 100 % libre.

LLaMandement

Les solutions propriétaires ne sont acceptées qu'à titre exceptionnel, et sur justification. Cette culture irrigue les 5 000 agents IT de la DGFiP, où le logiciel libre n'est pas un gadget, mais bien un "sujet stratégique". C'est un modèle économique et opérationnel complet, soutenu par des sociétés de services françaises.

Au-delà des serveurs, l'IA et les postes de travail sont-ils aussi concernés ?

La maison n'a pas attendu la dernière vague médiatique pour s'emparer de l'IA. Le contrôle fiscal s'appuie sur le data mining depuis des années, et la fameuse détection de piscines non déclarées en est l'exemple le plus connu. Plus récemment, un outil maison baptisé LLaMandement, basé sur le modèle open source Llama 2, résume en un quart d'heure des centaines d'amendements parlementaires, une tâche qui mobilisait plusieurs agents une nuit entière. L'usage de l'intelligence artificielle est donc déjà une réalité opérationnelle.

linux-tux

Le dernier maillon de la chaîne, c'est le poste de travail. Si la suite Office est déjà bannie, Windows subsiste. Mais plus pour longtemps. La migration vers Linux est activement étudiée, à l'image de la Gendarmerie nationale qui a basculé il y a plus de dix ans. Pour Tomasz Blanc, c'est un levier à la fois d'écoresponsabilité et de souveraineté, permettant de prolonger la durée de vie du matériel au-delà de six ans, contrairement aux cycles d'obsolescence imposés par chaque nouvelle version de Windows.

Foire Aux Questions (FAQ)

La DGFiP est-elle la seule administration à faire ce choix ?

Non, mais elle reste une exception notable. La Gendarmerie nationale est un autre exemple majeur, avec plus de 73 000 postes fonctionnant sous GendBuntu, une version adaptée d'Ubuntu (Linux), depuis 2008. Cependant, la majorité des ministères français restent très dépendants de Microsoft.

Qu'est-ce que le cloud Nubo exactement ?

Nubo est le nom du cloud souverain développé et opéré en interne par la Direction générale des Finances publiques. Il est hébergé dans les propres data centers de l'administration en France et fonctionne sur une pile technologique entièrement basée sur des logiciels libres comme Linux et PostgreSQL. Il est également ouvert à d'autres ministères.

Journaliste GNT spécialisé imprimantes 3D et nouvelles technologies

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